Galère à Bugarach

 

 

 


 

    Parfois, et cette fois c'est le cas, la réalité ne correspond pas aux prévisions.Tous "guillerets" et excités, Thierry, Anne et moi-même, plutôt que de rejoindre le lac des Bouillouses qui était notre objectif initial et à cause du mauvais temps, nous nous dirigeons à l'opposé de cette direction, rejoindre le village de Bugarach, dans l'Aude. La-bas, il semblerait que le ciel soit plus clément...Je consulte donc le blog de Gilbert Julien http://gilbertjullien.kazeo.com/ , et je suis attiré par le parcours suivant:http://gilbertjullien.kazeo.com/4-Aude/Le-Circuit-des-Templiers-832-m-depuis-Bugarach-465-m,a1898530.html , jalonné de vieux villages reculés et de témoignages de l'histoire des Cathares. Nous sommes partis avec l'intention de passer une nuit de veillée, à la belle étoile, donc forcément, plombés par le poids de nos équipements. Cela n'a pas d'importance, au vu de notre motivation. L'après-midi est bien avancée quand nous nous engageons sur le sentier Cathare qui n'est pas et et nous le saurons plus tard, une boucle mais un aller simple. Tel des novices , avec une montre boussole mais sans carte (ce qui n'a pas de sens). Confiants et sereins mais naïfs, nous suivons les marques régulières et très visibles qui confortent nos certitudes, sauf, qu'en première lecture il est parfaitement précisé qu'il ne s'agit pas d'une boucle. Et voilà que nous nous enfonçons sur ce sentier, au milieu d'une végétation dense et luxuriante, arrosés par une averse qui  se ligue à notre naïveté pour augmenter la difficulté que nous allons éprouver sur ce circuit. Le temps passe, le poids sur nos épaules commence à nous pénaliser. Anne si fragile, sans "piper" mot se courbe de plus en plus sous la charge. Heureusement, notre attention est toujours aux aguets et nous soulageons la "pauvrette" qui était sur le point de s'écrouler. Un petit instant de repos et ce petit souvenir animant nos conversations (railleries et remarques diverses...) nous poursuivons sur cette piste, évoluant dans un décor fabuleux. Tout ici respire, la fraîcheur, le printemps à chaque pas nous salue. Faut voir toutes ces fleurs colorées, sentir ces odeurs enivrantes! qui nous arrachent de fréquentes exclamations.Les verts aux nuances subtiles se mélangent aux gris des nuages, pour finalement atteindre les bleus du ciel. Le temps qui ne cesse de muter anime ce tableau. Et, et "cerise sur le gâteau", l'apparition à la suite d'une averse, d'un arc-en-ciel insolite, situé à un endroit inhabituel et très surprenant, à la base du pic du Bugarach.La photo que j'en ai faite n'est pas du tout l'objet d'une quelconque retouche de ma part et je vous la soumet en sachant qu'elle provoquera aussi votre curiosité et pourquoi pas vos commentaires?

 

Au mois de mai, les jours rallongent et nous continuons encore un peu, jusqu'à ce que nous trouvions un emplacement qui nous paraît convenir à l'établissement de notre bivouac et préparer notre veillée. Nous réunissons quelques branches que nous incendions aussitôt, non sans au préalable avoir bien pris soin de sécuriser l'endroit. Nous pouvons à présent, nous rapprocher de ce foyer improvisé pour un repas des plus sympas. Pas la peine de chercher midi à quatorze heures, le bonheur, il est là au milieu de cette nature qui nous accueille et qui sait qu'on l'aime. Combien de temps restons nous ici, peu importe en fait, la seule chose qui ait de la valeur, c'est de faire durer ce plaisir, en communion totale avec ces paysages grandioses. Il fait nuit noire quand nous nous décidons enfin à prendre un peu de repos et c'est courbaturés par la dureté de nos matelas que nous nous réveillons pour aussitôt reprendre la piste.Las, notre entêtement à suivre aveuglément les indications confine à la bêtise. De toute évidence nous sommes entrain de nous éloigner de plus en plus de notre objectif. Finalement, nous traversons un village, ou nous interrogeons les quelques rares personnes que nous rencontrons, deux, trois tout au plus. Toutes sans exception, à la question de savoir, si nous étions éloignés de Bugarach répondaient par une moue qui en disait long sur la réponse à venir. Nous sommes fatigués et le plaisir fait place à la lassitude. A tout prix nous devons trouver une bonne âme qui acceptera de nous rapatrier à notre véhicule. Ouf! après maints refus, la providence se manifeste, nous pouvons enfin regagner la clio quelques dizaines de kilomètres plus loin.
Voilà, quelquefois la réalité permet de tempérer le rêve et aide à comprendre le sens du mot: humilité. Cependant ces deux jours sont malgré tout de bons souvenirs, de par les paysages parcourus et l'épisode inoubliable de la veillée. Avant de conclure je tiens à remercier la personne qui nous a ramenés et avec qui, nous avons pu échanger des propos très amicaux et intéressants. Je reste dans le vague car j'ai égaré ses coordonnées et je ne peux donc pas la citer. Si toutefois elle parcourt cet article je serai heureux de rajouter son lien sur le site

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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